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Nausées matinales : zoom sur ce symptôme de grossesse

Nausées matinales : zoom sur ce symptôme de grossesse

Les nausées sont un symptôme de grossesse bien connu. Mais sont-elles essentiellement et forcément matinales ?

Les nausées sont un symptôme de grossesse connu de tous et toutes ou presque. Si certaines femmes n’en souffrent pas du tout, d’autres vivent très mal le premier trimestre, période la plus propice à ces nausées. Surviennent-elles essentiellement le matin ?

On fait le point.

Enceinte, pourquoi a-t-on des nausées le matin ?

 

En réalité, si le terme de nausées matinales est souvent employé pour évoquer les nausées de grossesse, il peut induire en erreur. « Car les nausées peuvent en réalité survenir à n’importe quel moment de la journée, et ne sont pas forcément plus fréquentes le matin », estime le Dr Ohayon, gynécologue-obstétricien à Paris.

En réalité, beaucoup de mystères et questions sans réponse entourent encore la thématique des nausées de grossesse.

L’hypothèse majeure pour expliquer la survenue de nausées, principalement au début de la grossesse, commençant entre la 2e et la 9e semaine de grossesse, est l’augmentation du taux d’hormone bêta HCG. Cela dit, cette hypothèse ne permettrait pas d’expliquer tous les cas (Source 1), et notamment la survenue, chez certaines futures mamans, d’une forme grave de nausées de grossesse appelée hyperémèse gravidique (cf. dernier paragraphe). D’autres modifications hormonales, facteurs de croissance ou d’autres phénomènes pourraient être en partie en cause dans la survenue de nausées de grossesse, notamment en augmentant la sensibilité aux odeurs, ou encore en affectant l’appétit et la perception du goût.

Chez certaines femmes cela dit, on peut constater que les nausées de grossesse surviennent davantage le matin, peut-être du fait d’être à jeun et avec une glycémie au plus bas. Mais cela n’est pas systématique.

Haut le cœur, salivation, envie de vomir : à quoi ressemblent les nausées de grossesse ?

 

C’est tout ça à la fois, ou plutôt ça dépend énormément de chaque femme, et même de chaque grossesse. Certaines femmes décrivent un mauvais goût et un excès de salive dans la bouche, d’autres carrément des haut-le-cœur et de réelles envies de vomir (qui, parfois, se concrétisent), d’autres encore, auront la chance de ne pas connaître ce symptôme de grossesse.
Certaines odeurs, certains moments de la journée, mais aussi certains aliments, seraient plus propices aux nausées et vomissements. À chaque femme de les identifier pour mieux tenter de les éviter.

 

Vomissements, fatigue, absence de règles : les autres signes d’une grossesse qui débute

 

Si des nausées matinales évoquent bien souvent une grossesse qui débute, d’autres signes sont plus significatifs, ou disons plus consensuels et reconnus. Le retard de règles est le signe le plus caractéristique, celui qui, même sans être associé à d’autres symptômes, doit pousser à faire un test de grossesse urinaire. Par ailleurs, le premier mois d’une grossesse peut s’accompagner d’une grande fatigue, de poitrine gonflée et douloureuse, d’aigreur d’estomac, de fringales, ou encore de ballonnements intestinaux.

 

Les autres causes possibles de nausées matinales, hors grossesse

 

 En dehors d’une grossesse, plusieurs affections et pathologies peuvent occasionner des nausées le matin, telles que : des troubles gastro-intestinaux (diarrhée, gastroentérite, intoxication alimentaire…), du stress et de l’anxiété, des effets secondaires de médicaments, des migraines, le mal des transports… Dans tous les cas, mieux vaut consulter si les symptômes persistent plusieurs jours ou que d’autres symptômes, plus graves, apparaissent.

 

Grossesse : comment calmer les nausées du matin ?

 

Si l’on constate que les nausées surviennent davantage à jeun, donc lorsque la glycémie est basse, il peut être judicieux d’opter pour un petit en-cas le matin au réveil, en entreposant quelques aliments sur la table de nuit.

Dans la même idée, on pourra préférer les petits repas et collations aux repas copieux, et donc répartir sa prise alimentaire sur la journée en 4 à 6 repas/collations plutôt qu’en trois repas classiques. C’est du moins ce que conseille la sage-femme Rachel Halimi sur son blog éponyme (Source 2), ainsi que l’Assurance maladie sur sa page dédiée (Source 3).

 

Globalement, l’Assurance maladie conseille aux femmes enceintes :

  • de manger en petite quantité plutôt
  • de manger ce qui leur fait envie (sauf les aliments interdits ou déconseillés par son gynécologue ou sa sage-femme) ;
  • d’éviter les plats épicés, gras ou frits, qui pourraient accentuer les nausées et vomissements ;
  • de diminuer sa consommation de boissons riches en caféine (thé, café, coca etc.) car cela jouerait sur la survenue de nausées ;
  • de boire suffisamment d’eau, d’autant plus si l’on vomit.

On pourra aussi essayer d’identifier ce qui cause les nausées (par exemple certaines odeurs), pour mieux les éviter (aérer quand on cuisine, éviter les rues où s’amoncellent les poubelles, ne plus mettre de parfum, se reposer pour éviter la fatigue, lutter contre le stress…).

 

Notons que certains naturopathes et autres praticiens de « médecine douce » conseillent les tisanes au gingembre, pour son effet calmant sur l’estomac. Si son efficacité contre les nausées demeure incertaine sinon discutée, il n’y a pas de contre-indication à ces remèdes naturels contre les nausées, sans excès, et sur avis médical.

L’acupuncture peut aussi aider, nous indique le Dr Ohayon.

 

En revanche, prudence avec les huiles essentielles durant la grossesse, la plupart étant formellement déconseillées. L’automédication est également plus que déconseillée : mieux vaut prendre l’avis d’un médecin avant d’envisager un traitement contre les nausées de la grossesse.

 

Nausées de grossesse : pourquoi elles persistent parfois toute la journée

Certaines femmes enceintes sont plus sensibles que d’autres à l’augmentation du taux d’hormone bêta HCG, ce qui va occasionner chez elles des nausées plus intenses ou plus fréquentes, avec parfois ce sentiment de malaise tout au long de la journée et pas seulement le matin à jeun.

 

Nausées et vomissements durant la grossesse : quand consulter, quand faut-il prendre un médicament ?

 

Dans de rares cas, les nausées de grossesse, matinales ou non, vont au-delà de l’inconfort. On parle notamment d’hyperémèse gravidique (ou hyperemesis gravidarum pour son nom scientifique) pour désigner une forme grave de nausées de la grossesse, où les nausées sont sévères et les vomissements nombreux. Dans ce cas de figure, une prise en charge médicale est nécessaire, car ces nausées, qui occasionnent généralement d’importants vomissements, peuvent conduire à une importante perte de poids menaçant la santé de la future maman et du futur bébé.

 « Si les nausées sont supportables et que l’on ne vomit pas, on essaie de tenir jusqu’à ce qu’elles s’estompent d’elles-mêmes, généralement en fin de premier trimestre. En revanche, quand on commence à vomir du fait des nausées, mieux vaut démarrer une prise en charge, avec éventuellement des médicaments pour éviter de vomir (des antiémétiques, N.D.L.R.), car les vomissements peuvent parfois être plus nocifs pour la grossesse que le traitement », estime le Dr Ohayon.

Sur son site internet, l’Assurance maladie fournit un outil d’évaluation de ses nausées et vomissements de grossesse, où l’on obtient un score compris entre 3 et 15. Le site Ameli détaille alors le niveau d’intensité des nausées et vomissements selon ce score :

  • Score inférieur ou égal à 6 : nausées et vomissements gravidiques sont d’intensité légère ;
  • Score compris entre 7 et 12 : ils sont d’intensité modérée ;
  • Score égal ou supérieur à 13 : ils sont sévères, il y a alors suspicion d’hyperémèse gravidique, et il faut consulter rapidement.

Ainsi, lorsque le score est compris entre 7 et 12, que l’on constate une perte de poids, et/ou des signes de déshydratation (bouche sèche, soif importante, difficultés à s’hydrater) et d’autres symptômes associés (fatigue, fièvre etc.), il est conseillé de ne pas attendre le prochain rendez-vous programmé pour s’adresser à votre médecin ou votre sage-femme, et de consulter rapidement.

 

 

Allaiter et avoir ses règles : ce qu’il faut vraiment savoir selon une sage-femme

Allaiter et avoir ses règles : ce qu’il faut vraiment savoir selon une sage-femme

Publié le par Hélène Bour,  en collaboration avec Rachel Halimi (Sage-femme)

Lien vers l’article publié en ligne 

On pense souvent qu’allaiter empêche d’avoir ses règles car cela met en pause le cycle menstruel.

Ça n’est pas tout à fait vrai, comme souvent, c’est plus compliqué que cela.

Mieux vaut savoir vraiment ce qu’il en est pour s’y préparer convenablement.

Explications avec l’expertise de la sage-femme Rachel Halimi

L’essentiel

– L’allaitement exclusif peut retarder le retour des règles, mais il ne garantit pas une absence totale de menstruations ni une contraception fiable. Certaines femmes voient leurs règles revenir dès 6 à 8 semaines après l’accouchement.

– Il est possible d’ovuler sans avoir eu ses règles, donc de tomber enceinte même en allaitant. Une contraception adaptée est donc recommandée si une grossesse n’est pas souhaitée.

– Lors des règles, une légère baisse de lactation peut survenir. Des astuces existent pour maintenir la production de lait (tétées fréquentes, alimentation galactogène, tirage du lait, etc.).

Ce sont des questions qu’il vaut mieux se poser en amont de l’accouchement, et pas une fois que bébé est là, au sein.

Mais attention : l’idée selon laquelle l’allaitement maternel exclusif qui succède immédiatement à l’accouchement serait contraceptif est une idée reçue. En réalité, c’est bien plus complexe.

Est-il possible d’avoir ses règles en allaitant ?

 

« Normalement, quand on allaite exclusivement, on n’a théoriquement pas de règles, pas dans les six premiers mois généralement », indique Rachel Halimi, sage-femme. « Cependant, comme le rythme des tétées peut être fluctuant, notamment la nuit, le cycle menstruel peut redémarrer, et les règles revenir », prévient-elle, parfois même reviennent-elles au bout de six à huit semaines après l’accouchement, malgré un allaitement exclusif. « C’est rare, mais pas impossible », ajoute la spécialiste.

 

En effet, en théorie, la prolactine, qui est l’hormone de l’allaitement par excellence, lorsqu’elle est présente en quantité suffisante, bloque l’ovulation. Toutefois, la fréquence de l’allaitement (nombre de tétées par 24 heures et espacement entre les tétées), l’âge du bébé et les propres niveaux hormonaux d’une femme peuvent influer sur cet effet contraceptif de la prolactine. Ce qui peut engendrer un retour de couches, avec cela dit bien souvent des règles qui vont être irrégulières.

Beaucoup de femmes voient ainsi leur retour de couches arriver lorsque la fréquence des tétées diminue, notamment la nuit, lorsqu’elles passent d’un allaitement exclusif à un allaitement mixte, ou au début de la diversification alimentaire, ou même lors du sevrage, qui coïncide parfois avec le retour au travail.

Pour autant, le retour de couches n’empêche pas de continuer à allaiter, si on le souhaite. Comme on va le voir plus bas, les règles peuvent engendrer une légère baisse de lactation, mais celle-ci n’est pas insurmontable.

 

Quand les règles reviennent-elles pendant l’allaitement ?

 

Si la femme n’allaite pas, le retour de couches (qu’il faut bien différencier des lochies post-accouchement) intervient dans les trois mois après l’accouchement. Mais l’allaitement, a fortiori s’il est exclusif et si les tétées sont fréquentes, va venir retarder ce retour de couches, parfois jusqu’à l’arrêt complet de l’allaitement (ou sevrage). Il est difficile de prévoir ce qu’il adviendra, car chaque femme est différente. C’est pourquoi il vaut mieux prévoir une méthode de contraception efficace et fiable si l’on souhaite reprendre une sexualité pénétrative et que l’on ne souhaite pas retomber enceinte de suite. Par ailleurs, il est possible d’ovuler sans avoir eu ses règles, tout comme avoir ses règles ne veut pas nécessairement dire avoir ovulé dix à quinze jours avant.

 À noter qu’une fois l’allaitement terminé, les règles (ou retour de couches) surviennent dans un délai différent selon chaque femme en fonction notamment de la durée de l’allaitement, du sevrage progressif ou non, etc.

 

 Les règles diminuent-elles la lactation ?

 Certaines femmes font état d’une légère baisse de la production de lait lorsqu’elles ont leurs règles, quand d’autres ne constatent pas cela. Il est possible que les hormones présentes à ce moment du cycle, ainsi que la fatigue que génèrent les règles, jouent sur la production de lait.

 

Si celle baisse de lactation complique l’allaitement, par exemple si le débit diminue et embête le bébé, il est possible de mettre des choses en place pour patienter jusqu’à ce que cette baisse temporaire disparaisse : compresser le sein pour aider à l’écoulement du lait, alterner davantage les deux seins, proposer le sein plus souvent, prendre des aliments galactogènes (fenugrec etc.), compléter avec des aliments solides si bébé est déjà diversifié, stimuler sa lactation en tirant son lait (power pumping) etc. Si cette difficulté persiste, il peut être bon de consulter une sage-femme ou une consultante en lactation (IBCLC) pour des astuces plus adaptées à son cas personnel et à son projet d’allaitement.

 

Peut-on tomber enceinte en allaitant ?

 

On l’a vu, il est possible d’ovuler tout en allaitant, l’allaitement ne suffisant pas toujours à bloquer l’ovulation et le déroulé du cycle menstruel. Cela dit, c’est très variable d’une femme à l’autre et dépend de nombreux facteurs (fréquence des tétées, niveaux hormonaux, stress etc.).

Aussi, si l’on ne souhaite pas retomber enceinte de suite (on parle souvent de « bébé retour de couches »), il est conseillé d’opter pour une méthode de contraception efficace. L’utilisation d’hormones (pilule contraceptive) n’est pour autant pas obligatoire : le port du préservatif peut très bien convenir, et constitue une méthode mécanique très efficace. Si l’on préfère la pilule, une pilule microprogestative peut être prescrite dès la sortie de la maternité ou lors des visites post-natales. Pour la pose d’un dispositif intra-utérin (DIU ou stérilet, au cuivre ou hormonal), il faudra cependant patienter, le temps que l’utérus reprenne sa taille initiale, d’avant grossesse.

 

La méthode MAMA, une méthode pas tout à fait infaillible

 

C’est une méthode qui repose précisément sur le fait qu’en théorie, l’allaitement exclusif et régulier est contraceptif. La méthode MAMA, méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée, est donc un moyen de contraception naturel, sans ajout d’hormones. Il s’agit d’orchestrer les tétées de façon à maintenir un taux de prolactine suffisant pour inhiber l’ovulation, avec au moins six tétées par 24 heures, espacées d’au moins une heure. On le devine au vu de ce qui a été dit plus haut, c’est une méthode qui demande donc une certaine rigueur, mais aussi une certaine souplesse dans son efficacité : il est possible que malgré tous ses efforts, une jeune maman voit arriver son retour de couches alors qu’elle allaitait régulièrement son bébé. Aussi faut-il être prête à retomber enceinte, ou, à défaut, à recourir à une interruption volontaire de grossesse en cas d’échec de cette méthode contraceptive. Le taux d’efficacité théorique de cette méthode contraceptive est élevé, autrement dit, si elle est appliquée à la lettre (ce qui nécessite rigueur et charge mentale), elle est efficace à 99,1 %. En revanche, son efficacité pratique, en conditions réelles, tombe à 98 % : deux femmes sur 100 ayant adopté cette méthode contraceptive pendant 1 an ont été enceintes dans l’année (Source Inserm). À noter que la méthode MAMA peut être combinée avec d’autres méthodes contraceptives, telles que l’observation de la glaire cervicale ou l’utilisation du préservatif, ce qui augmente son efficacité.

Comment et quand la glycémie est-elle mesurée durant la grossesse ?

Comment et quand la glycémie est-elle mesurée durant la grossesse ?

Publié le par Hélène Bour

En collaboration avec Rachel Halimi (Sage-femme)

Lien vers l’article mis en ligne 

Comment, quand et pourquoi teste-t-on la glycémie chez la femme enceinte ? Est-ce un examen systématique ou uniquement réservé aux femmes ayant des facteurs de risque ?

On fait le point.

L’essentiel

  • Le test HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale) est proposé entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée si la future maman présente des facteurs de risque de diabète gestationnel (âge ≥ 35 ans, surpoids, antécédents familiaux de diabète, macrosomie fœtale, antécédent de diabète gestationnel, prise de poids excessive pendant la grossesse).

La glycémie désigne le taux de glucose dans le sang. La mesure de la glycémie à jeun est surveillée en début de grossesse pour éliminer un diabète gestationnel précoce, notamment si la future maman a des facteurs de risque (IMC supérieur à 25, antécédents de diabète familial au premier degré, prise de poids importante). Une deuxième analyse plus spécifique, le test HGPO, pour hyperglycémie provoquée par voie orale sera à nouveau proposée entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée uniquement si la future maman présente des facteurs de risque.

On vous explique tout cela en détail.

Ce qu’il faut savoir sur le test HGPO, révélateur d’un diabète gestationnel

 

Lorsqu’un diabète gestationnel est soupçonné du fait d’une prise de poids importante ou d’un bébé « trop gros » lors des échographies, un test HGPO est indiqué.

 

Ce test est également l’examen requis en cas de facteurs de risque de diabète gestationnel, à savoir :

  • être âgée de 35 ans ou plus ;
  • être en surpoids ou en état d’obésité ;
  • prise de poids excessive
  • avoir un antécédent familial au premier degré de diabète ;
  • avoir une macrosomie fœtale (estimation du poids fœtal supérieure au 90e percentile lors des échographies) ;
  • avoir eu un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse.

Si un ou plusieurs de ces cas de figure sont en présence, la procédure de dépistage du diabète gestationnel inclut une mesure de la glycémie à jeun au premier trimestre, puis une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée (SA), soit à la fin du 2e trimestre, au cours du sixième mois de grossesse. On parle aussi de test de tolérance au glucose, puisqu’il s’agit de voir comment le corps réagit à un apport important et soudain de glucose.

 

L’hyperglycémie provoquée par voie orale, concrètement

 

Concrètement, « il s’agit pour la femme enceinte, de venir à jeun au laboratoire, où elle va boire une solution avec 75 grammes de sucre. Une prise de sang est réalisée sur place, une heure après, puis deux heures après l’ingestion. Il faut bien insister sur un point : la patiente ne doit pas quitter le laboratoire, donc mieux vaut prévoir de quoi s’occuper. Par ailleurs, il faut bien venir en étant à jeun de 12 heures », nous détaille Rachel Halimi, sage-femme.

Pas question donc de petit-déjeuner ou de manger quoi que ce soit dans les 12 heures qui précèdent la prise de la solution. Seule l’eau plate est autorisée.

 

Test HGPO, glycémie : les valeurs à retenir

Le diagnostic de diabète gestationnel est biologique, et strict : si la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 0,92 g/L entre 24 et 28 SA, ou si la glycémie mesurée lors du test HGPO est supérieure ou égale à 1,80 g/L à 1h, ou supérieure ou égale à 1,53 g/L à 2 h, le diagnostic de diabète gestationnel est posé.

Et si la glycémie à jeun est mesurée au premier trimestre, une valeur supérieure ou égale à 1,26 g/L indique que la femme a un diabète de type 2 antérieur à la grossesse, tandis qu’une valeur comprise entre 0,92 g/L et 1,25 g/L est le signe d’un diabète gestationnel précoce.

Les risques d’un diabète gestationnel, facilement évitables avec un bon suivi

Rappelons que si le diabète gestationnel est diagnostiqué à temps et bien pris en charge et que vos glycémies sont bien équilibrées via une bonne hygiène de vie (activité physique régulière et suffisante, et alimentation saine et équilibrée), cela n’aura finalement aucune conséquence sur le bon déroulement de votre grossesse. 

Le diabète gestationnel n’empêche donc pas de vivre sa grossesse le plus sereinement possible, et d’avoir un accouchement sans complications.

 

« Donc ne paniquez pas si vous avez un diabète gestationnel », rassure la sage-femme. « Certes, cela sera contraignant car il faudra mesurer vos glycémies six fois par jour avec des dextro (mesure de la glycémie, N.D.L.R.), à jeun avant chaque repas et 1 h 30 après chaque repas.
Dans certains cas, quand la future maman n’arrive pas à équilibrer ses glycémies avec une hygiène de vie adaptée, le médecin va prescrire des injections d’insuline », précise Rachel Halimi.

« Sachez également qu’une femme qui présente un diabète gestationnel a plus de risque sur le long terme de faire un diabète de type 2. Donc il s’agit vraiment d’adopter de bonnes habitudes de vie à garder toute votre vie de femme pour éviter de développer cette pathologie », prévient la sage-femme en conclusion.

Se donner le temps pour comprendre son bébé

Se donner le temps pour comprendre son bébé

Savoir répondre aux besoins d’un nouveau-né n’est pas inné, même pour les plus expérimentés.

Il peut être angoissant pour des parents de se sentir en défaut face aux pleurs ou aux cris de leur bébé.

Patience et confiance en soi sont les maîtres-mots.

Après neuf longs mois d’attente, bébé est enfin là. Un chamboulement et une joie incomparable, souvent accompagnée de doutes et de peurs, surtout la première fois.

Comment être sûr de bien s’y prendre dès les premiers jours de ce petit être dépendant et dénué d’une communication précise ? Comment savoir ce dont il a besoin à chaque moment et interpréter l’expression de ses besoins ?

Car, au tout début de sa vie, l’enfant n’a que les cris et les pleurs pour exprimer toutes les sensations dont il n’a même pas encore conscience, comme la faim, la fatigue ou la douleur.

« Initialement, le bébé ne communique pas, mais signale ses besoins à l’aide des pleurs, de son corps, de sa motricité. Ce n’est que plus tard, autour de 2-3 mois, lorsqu’il comprend que l’adulte répond à ses demandes, que cela devient volontaire », explique Agnès Guénon, psychomotricienne et accompagnante en parentalité à Nice.

Compétences maternelles

Pourtant, selon certains experts comme l’Australienne Priscilla Dunstan, il existerait un langage universel des pleurs des bébés, qu’elle a répertorié dans son livre « Il pleure, que dit-il ? », paru en 2016. Elle y explique que chaque besoin correspondrait à un son bien précis émis par les bébés.

« Embêtant », selon Agnès Guénon, qui souligne l’importance d’essayer de comprendre son bébé soi-même, en l’observant, plutôt que de se fier à un code préétabli, que l’on y croit ou pas. « Il ne faut pas pousser une mère à perdre ses compétences maternelles », indique de son côté Rachel Halimi, sage-femme à Paris. « Il faut pouvoir se tromper, procéder par élimination et ajuster avec le temps », insiste-t-elle.

L’observation doit donc être au centre du processus, surtout durant les premiers mois. Il est nécessaire d’être attentif aux réactions qu’engendre une action. « Si un soir on nourrit bébé lorsqu’il pleure et qu’il s’endort juste après, c’est peut-être qu’il exprimait de la fatigue plus que de la faim. Le lendemain, il faudra donc essayer de le promener ou de le bercer pour voir si la finalité est la même », souligne Agnès Guénon.

« Les pleurs du soir sont souvent une manière pour le bébé de se décharger après la journée. Il ne faut pas avoir peur de les laisser durer un peu, sans les obstruer avec une tétine au moindre cri », précise Rachel Halimi.

« IL NE FAUT PAS OBSTRUER AVEC UNE TÉTINE LE MOINDRE CRI. » RACHEL HALIMI, SAGE-FEMME

Avoir l’esprit tranquille

 

L’une comme l’autre insistent sur le fait que, pour pouvoir comprendre son bébé, une mère doit avoir l’esprit tranquille, sans craindre d’être culpabilisée en permanence et désignée comme une « mauvaise mère ».

« Il faut se faire confiance. Le danger, en écoutant trop les critiques, les recommandations et les expériences des autres, c’est de perdre foi en ses propres capacités », alerte Agnès Guénon.

Un discours qui rejoint celui de Rachel Halimi : « Tout l’art de la mère, c’est de distinguer. Plus elle sera reposée et aura confiance en ses capacités maternelles, plus elle va être capable de comprendre le langage de son bébé. Si on l’angoisse ou qu’on se substitue à sa capacité maternelle, cela risque de lui compliquer la tâche. »

D’autant que le bébé, très lié émotion­nellement à sa mère, en ressent les émotions donc, le cas échéant, le stress ou la peur. C’est pourquoi il est nécessaire de sécuriser les mères face à certains discours et réactions très culpabilisants, particulièrement en public. Car les pleurs d’un bébé, souvent mal perçus par les personnes environnantes, ne sont de facto pas négatifs. Au contraire, le fait que l’enfant soit en capacité de s’exprimer est plutôt bon signe.

« Pour atténuer une crise, la poussette, la tétine et le peau à peau sont efficaces. Mais les mères finissent par trouver les bonnes solutions pour leur bébé, même si ce n’est pas immédiat », rassure Rachel Halimi. Enfin, le rôle du père ou du coparent est essentiel. En plus de pouvoir assurer quasiment les mêmes tâches que la mère et lui permettre de souffler si nécessaire, il est celui qui peut offrir des réponses différentes et, surtout, des perspectives à l’enfant. Comprendre son bébé est une question d’instinct et de temps.

« Sensibiliser les parents à ce qu’ils observent » 

 

Agnès Guénon, psychomotricienne et accompagnante en parentalité

En quoi consiste la méthode de l’échelle de Brazelton ?

Il s’agit d’une méthode qui se base sur des recherches scientifiques permettant d’observer son bébé pour mieux le comprendre. Entre 0 et 2 mois, on réalise plusieurs petits items avec le bébé et ses parents. Cela leur permet de comprendre les compétences du bébé, ce qu’il voit, ce qu’il entend, comment il se protège et échange.

On lui fait suivre, par exemple, une petite balle avec les yeux, ou l’on passe une petite lumière devant ses yeux lorsqu’il dort. Au début, il sursaute, puis moins, puis plus du tout. Pareil avec le bruit d’un hochet. On teste également sa capacité à dégager ses voies aériennes en le plaçant à plat ventre, ou en lui mettant un bonnet sur les yeux qu’il va parvenir à dégager. Tous ces items éveillent les parents et attirent leur attention sur les détails. C’est le moment idéal pour les sensibiliser à ce qu’ils observent et pas à ce qu’on leur dit.

Comment un bébé habitué aux réponses de sa mère réagit-il lorsqu’il a affaire à d’autres personnes ?

Après les premiers mois, il va être capable de développer ses propres compétences. C’est à ce moment-là qu’il va supporter que les réponses ne soient pas toujours les mêmes que d’habitude. Il va s’adapter, être capable de supporter les frustrations. Contrairement au tout début de sa vie, c’est lui qui va s’adapter à l’adulte et non l’inverse.

C’est pour cela que les crèches n’accueillent pas avant un certain âge. Mais, au sein du couple, cela se développe déjà. Souvent, la mère apporte la régularité, tandis que le père ou le coparent, avec qui il va expérimenter d’autres choses, est souvent l’initiateur du « pas comme d’habitude ».

Quelle est l’importance des « mille premiers jours » ?

La commission des Mille Premiers Jours, instaurée par le gouvernement en 2019, insiste sur les premières années des bébés. La période s’étend de la grossesse jusqu’aux 2 ans de l’enfant et l’idée est d’insister sur ce cycle-là, qui est particulièrement important pour son développement.

C’est à ce moment-là que l’enfant construit les fondations pour l’avenir. S’il a de bonnes bases, des attachements « secure » et que l’on répond à ses besoins, il y a toutes les chances pour que cela se passe bien plus tard. Les enfants que j’ai connus en pédopsychiatrie, qui avaient des problèmes de comportement ou de personnalité, n’avaient pour la grande majorité pas bénéficié de tous ces soins. Le programme permet justement d’aider et d’accompagner les parents, en leur dispensant des conseils et en répondant à toutes les questions qu’ils peuvent se poser.

 

Chute hormonale après l’accouchement : ce qu’il faut savoir

Chute hormonale après l’accouchement : ce qu’il faut savoir

Publié le 15 nov. 2025 par Hélène Bour

En collaboration avec Rachel Halimi (Sage-femme)

Cliquez ici pour ouvrir directement l’article en ligne.

Après la grossesse, l’accouchement engendre une chute hormonale particulièrement importante, mais dont les symptômes varient d’une femme à l’autre. Quelles sont les hormonent dont les taux chutent ? À quoi s’attendre ? Comment s’y préparer, comment bien la vivre ?

On fait le point.  

 L’essentiel

    • Après l’accouchement, la chute brutale des hormones de grossesse (œstrogènes, progestérone et bêta-HCG) survient dans les 24 à 48 heures, ce qui peut provoquer un baby blues les premiers jours.
    • Cette chute hormonale peut entraîner des sautes d’humeur, fatigue, irritabilité, troubles du sommeil, perte d’appétit ou de cheveux. Si ces signes durent plus de 15 jours ou s’intensifient, il faut consulter.
    • Allaiter peut atténuer les effets de cette chute grâce à d’autres hormones comme la prolactine. Mieux vaut anticiper en s’entourant, en organisant son quotidien et en acceptant de l’aide.

La grossesse est une période particulière au niveau hormonal, avec d’une part une hormone spécifique à la grossesse qui fait son apparition (la bêta-HCG), et d’autre part les hormones dites féminine (œstrogènes et progestérone), dont les taux augmentent énormément. Mais l’accouchement vient subitement bousculer tout cela, et engendrer une chute hormonale vertigineuse.

Quand a lieu la chute hormonale après l’accouchement ?

 

 Concrètement, c’est l’expulsion du placenta qui engendre rapidement la chute des taux d’œstrogènes et de progestérone, toutes deux produites par le placenta, dès le premier trimestre et jusqu’à la fin de la grossesse. La chute intervient très peu de temps après l’accouchement, disons dans les 24 à 48 heures le temps d’éliminer celles qui sont encore présentes. C’est la chute de ces deux hormones qui est responsable du baby blues, ce coup de blues post-accouchement, qui intervient dans les premiers jours qui suivent la naissance du bébé.

L’hormone bêta HCG, qui avait déjà progressivement diminué au cours de la grossesse, disparaît elle aussi au bout de quelques jours.

 

Quels sont les symptômes de la chute hormonale en post-partum?

 « Deux ou trois jours après l’accouchement, ou un peu plus tard pour certaines, les jeunes mamans peuvent ressentir une grande labilité émotionnelle. On passe du rire aux larmes en peu de temps, on a une grande fatigue, voire un mal-être ou une mélancolie très profonde », décrit Rachel Halimi, sage-femme. La spécialiste décrit des patientes démunies, désarmées, et qui ne s’attendaient pas à un tel bouleversement, d’autant plus lorsqu’elles sont d’un naturel enjoué, peu habituées à ce type d’élan de tristesse ou d’irritabilité.

 

Notons que si cette fragilité émotionnelle perdure au-delà de quinze jours environ après l’accouchement, et/ou s’accompagne d’idées noires, de perte d’intérêt dans nos activités et hobbies habituels, de sentiment de culpabilité maternelle ou de ne pas être à la hauteur, de ne pas être une bonne mère, d’insomnies, il est crucial de consulter un professionnel de santé pour se faire aider. Il peut alors s’agir d’une dépression du post-partum, contre laquelle il existe des solutions pour aller mieux et s’en sortir.

 

Perte d’appétit, chute de cheveux : les autres signes à connaître

 

Outre ces symptômes psychologiques, peuvent s’ajouter des symptômes physiques, tels que la perte de cheveux (ou alopécie du post-partum), des changements cutanés (peau plus relâchée, plus sèche, acné…), des troubles du sommeil, déjà bien perturbé par les réveils nocturnes. L’appétit peut aussi être perturbé.

Notons que si la chute hormonale post-accouchement peut avoir une influence sur la dépression du post-partum, elle ne la provoque pas. La dépression du post-partum, qui n’est heureusement pas systématique, résulte d’une combinaison de facteurs, certains étant liés à la chute hormonale, d’autres liés à la situation que vit la mère, notamment (isolement, difficultés dans le couple, antécédents psychiatriques personnels ou familiaux, dépression ou anxiété durant la grossesse etc.).

 

 L’allaitement peut en atténuer les effets

 

 Lorsque la grossesse est suivie d’une période d’allaitement maternel, si la chute hormonale a bien lieu, elle peut être moins forte ou, disons, contrebalancée par d’autres hormones, la prolactine et l’ocytocine, qui favorisent la lactation, mais aussi bien être maternel et le lien d’attachement au bébé.
Si bien que si l’allaitement n’empêche pas le baby blues, il pourrait diminuer le risque de dépression du post-partum ou du moins le différer jusqu’au sevrage.

 

Notons qu’il y a ainsi des moments où la vulnérabilité émotionnelle des jeunes mamans est plus forte, notamment du fait d’étapes clés : fin du congé maternité et reprise du travail, sevrage de l’allaitement etc.

 

Trouver de l’aide, s’entourer : de l’importance d’anticiper pour bien gérer ces bouleversements

Comme il est difficile de prédire comment l’on vivra cette chute hormonale qui suit l’accouchement, mieux vaut prévoir. Entendez, s’organiser afin que celle-ci se passe au mieux. Dès la grossesse, il est ainsi conseillé tant pour accompagner son projet d’allaitement, bien vivre son post-partum et la reprise du travail, de prendre des contacts. On peut par exemple trouver une sage-femme pour les visites à domicile en post-partum, noter adresse et téléphone de la PMI la plus proche, mettre en place un semblant d’organisation avec son conjoint/compagnon et ses proches (même si cela pourra évoluer une fois le bébé arrivé, avec les aléas qui se présenteront), etc.

 

L’idée est simplement de ne pas être démunie si cette chute hormonale engendre des symptômes importants, qui peuvent peser sur l’organisation au quotidien, notamment la fatigue.

Et au niveau pratique, s’organiser pour garder un sommeil de qualité (en se relayant avec le coparent), manger aussi équilibré que possible, trouver du temps pour soi (même quelques minutes peuvent être salvatrices), accepter de l’aide (de ses proches ou d’un professionnel de santé) sont autant de choses à essayer de mettre en place pour bien vivre son post-partum, et cette chute hormonale inéluctable.