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Publié le 15 nov. 2025 par Hélène Bour

En collaboration avec Rachel Halimi (Sage-femme)

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Après la grossesse, l’accouchement engendre une chute hormonale particulièrement importante, mais dont les symptômes varient d’une femme à l’autre. Quelles sont les hormonent dont les taux chutent ? À quoi s’attendre ? Comment s’y préparer, comment bien la vivre ?

On fait le point.  

 L’essentiel

    • Après l’accouchement, la chute brutale des hormones de grossesse (œstrogènes, progestérone et bêta-HCG) survient dans les 24 à 48 heures, ce qui peut provoquer un baby blues les premiers jours.
    • Cette chute hormonale peut entraîner des sautes d’humeur, fatigue, irritabilité, troubles du sommeil, perte d’appétit ou de cheveux. Si ces signes durent plus de 15 jours ou s’intensifient, il faut consulter.
    • Allaiter peut atténuer les effets de cette chute grâce à d’autres hormones comme la prolactine. Mieux vaut anticiper en s’entourant, en organisant son quotidien et en acceptant de l’aide.

La grossesse est une période particulière au niveau hormonal, avec d’une part une hormone spécifique à la grossesse qui fait son apparition (la bêta-HCG), et d’autre part les hormones dites féminine (œstrogènes et progestérone), dont les taux augmentent énormément. Mais l’accouchement vient subitement bousculer tout cela, et engendrer une chute hormonale vertigineuse.

Quand a lieu la chute hormonale après l’accouchement ?

 

 Concrètement, c’est l’expulsion du placenta qui engendre rapidement la chute des taux d’œstrogènes et de progestérone, toutes deux produites par le placenta, dès le premier trimestre et jusqu’à la fin de la grossesse. La chute intervient très peu de temps après l’accouchement, disons dans les 24 à 48 heures le temps d’éliminer celles qui sont encore présentes. C’est la chute de ces deux hormones qui est responsable du baby blues, ce coup de blues post-accouchement, qui intervient dans les premiers jours qui suivent la naissance du bébé.

L’hormone bêta HCG, qui avait déjà progressivement diminué au cours de la grossesse, disparaît elle aussi au bout de quelques jours.

 

Quels sont les symptômes de la chute hormonale en post-partum?

 « Deux ou trois jours après l’accouchement, ou un peu plus tard pour certaines, les jeunes mamans peuvent ressentir une grande labilité émotionnelle. On passe du rire aux larmes en peu de temps, on a une grande fatigue, voire un mal-être ou une mélancolie très profonde », décrit Rachel Halimi, sage-femme. La spécialiste décrit des patientes démunies, désarmées, et qui ne s’attendaient pas à un tel bouleversement, d’autant plus lorsqu’elles sont d’un naturel enjoué, peu habituées à ce type d’élan de tristesse ou d’irritabilité.

 

Notons que si cette fragilité émotionnelle perdure au-delà de quinze jours environ après l’accouchement, et/ou s’accompagne d’idées noires, de perte d’intérêt dans nos activités et hobbies habituels, de sentiment de culpabilité maternelle ou de ne pas être à la hauteur, de ne pas être une bonne mère, d’insomnies, il est crucial de consulter un professionnel de santé pour se faire aider. Il peut alors s’agir d’une dépression du post-partum, contre laquelle il existe des solutions pour aller mieux et s’en sortir.

 

Perte d’appétit, chute de cheveux : les autres signes à connaître

 

Outre ces symptômes psychologiques, peuvent s’ajouter des symptômes physiques, tels que la perte de cheveux (ou alopécie du post-partum), des changements cutanés (peau plus relâchée, plus sèche, acné…), des troubles du sommeil, déjà bien perturbé par les réveils nocturnes. L’appétit peut aussi être perturbé.

Notons que si la chute hormonale post-accouchement peut avoir une influence sur la dépression du post-partum, elle ne la provoque pas. La dépression du post-partum, qui n’est heureusement pas systématique, résulte d’une combinaison de facteurs, certains étant liés à la chute hormonale, d’autres liés à la situation que vit la mère, notamment (isolement, difficultés dans le couple, antécédents psychiatriques personnels ou familiaux, dépression ou anxiété durant la grossesse etc.).

 

 L’allaitement peut en atténuer les effets

 

 Lorsque la grossesse est suivie d’une période d’allaitement maternel, si la chute hormonale a bien lieu, elle peut être moins forte ou, disons, contrebalancée par d’autres hormones, la prolactine et l’ocytocine, qui favorisent la lactation, mais aussi bien être maternel et le lien d’attachement au bébé.
Si bien que si l’allaitement n’empêche pas le baby blues, il pourrait diminuer le risque de dépression du post-partum ou du moins le différer jusqu’au sevrage.

 

Notons qu’il y a ainsi des moments où la vulnérabilité émotionnelle des jeunes mamans est plus forte, notamment du fait d’étapes clés : fin du congé maternité et reprise du travail, sevrage de l’allaitement etc.

 

Trouver de l’aide, s’entourer : de l’importance d’anticiper pour bien gérer ces bouleversements

Comme il est difficile de prédire comment l’on vivra cette chute hormonale qui suit l’accouchement, mieux vaut prévoir. Entendez, s’organiser afin que celle-ci se passe au mieux. Dès la grossesse, il est ainsi conseillé tant pour accompagner son projet d’allaitement, bien vivre son post-partum et la reprise du travail, de prendre des contacts. On peut par exemple trouver une sage-femme pour les visites à domicile en post-partum, noter adresse et téléphone de la PMI la plus proche, mettre en place un semblant d’organisation avec son conjoint/compagnon et ses proches (même si cela pourra évoluer une fois le bébé arrivé, avec les aléas qui se présenteront), etc.

 

L’idée est simplement de ne pas être démunie si cette chute hormonale engendre des symptômes importants, qui peuvent peser sur l’organisation au quotidien, notamment la fatigue.

Et au niveau pratique, s’organiser pour garder un sommeil de qualité (en se relayant avec le coparent), manger aussi équilibré que possible, trouver du temps pour soi (même quelques minutes peuvent être salvatrices), accepter de l’aide (de ses proches ou d’un professionnel de santé) sont autant de choses à essayer de mettre en place pour bien vivre son post-partum, et cette chute hormonale inéluctable.