Publié le par Hélène Bour
En collaboration avec Rachel Halimi (Sage-femme)
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Comment, quand et pourquoi teste-t-on la glycémie chez la femme enceinte ? Est-ce un examen systématique ou uniquement réservé aux femmes ayant des facteurs de risque ?
On fait le point.
L’essentiel
- Le test HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale) est proposé entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée si la future maman présente des facteurs de risque de diabète gestationnel (âge ≥ 35 ans, surpoids, antécédents familiaux de diabète, macrosomie fœtale, antécédent de diabète gestationnel, prise de poids excessive pendant la grossesse).
La glycémie désigne le taux de glucose dans le sang. La mesure de la glycémie à jeun est surveillée en début de grossesse pour éliminer un diabète gestationnel précoce, notamment si la future maman a des facteurs de risque (IMC supérieur à 25, antécédents de diabète familial au premier degré, prise de poids importante). Une deuxième analyse plus spécifique, le test HGPO, pour hyperglycémie provoquée par voie orale sera à nouveau proposée entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée uniquement si la future maman présente des facteurs de risque.
On vous explique tout cela en détail.
Ce qu’il faut savoir sur le test HGPO, révélateur d’un diabète gestationnel
Lorsqu’un diabète gestationnel est soupçonné du fait d’une prise de poids importante ou d’un bébé « trop gros » lors des échographies, un test HGPO est indiqué.
Ce test est également l’examen requis en cas de facteurs de risque de diabète gestationnel, à savoir :
- être âgée de 35 ans ou plus ;
- être en surpoids ou en état d’obésité ;
- prise de poids excessive
- avoir un antécédent familial au premier degré de diabète ;
- avoir une macrosomie fœtale (estimation du poids fœtal supérieure au 90e percentile lors des échographies) ;
- avoir eu un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse.
Si un ou plusieurs de ces cas de figure sont en présence, la procédure de dépistage du diabète gestationnel inclut une mesure de la glycémie à jeun au premier trimestre, puis une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée (SA), soit à la fin du 2e trimestre, au cours du sixième mois de grossesse. On parle aussi de test de tolérance au glucose, puisqu’il s’agit de voir comment le corps réagit à un apport important et soudain de glucose.
L’hyperglycémie provoquée par voie orale, concrètement
Concrètement, « il s’agit pour la femme enceinte, de venir à jeun au laboratoire, où elle va boire une solution avec 75 grammes de sucre. Une prise de sang est réalisée sur place, une heure après, puis deux heures après l’ingestion. Il faut bien insister sur un point : la patiente ne doit pas quitter le laboratoire, donc mieux vaut prévoir de quoi s’occuper. Par ailleurs, il faut bien venir en étant à jeun de 12 heures », nous détaille Rachel Halimi, sage-femme.
Pas question donc de petit-déjeuner ou de manger quoi que ce soit dans les 12 heures qui précèdent la prise de la solution. Seule l’eau plate est autorisée.
Test HGPO, glycémie : les valeurs à retenir
Le diagnostic de diabète gestationnel est biologique, et strict : si la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 0,92 g/L entre 24 et 28 SA, ou si la glycémie mesurée lors du test HGPO est supérieure ou égale à 1,80 g/L à 1h, ou supérieure ou égale à 1,53 g/L à 2 h, le diagnostic de diabète gestationnel est posé.
Et si la glycémie à jeun est mesurée au premier trimestre, une valeur supérieure ou égale à 1,26 g/L indique que la femme a un diabète de type 2 antérieur à la grossesse, tandis qu’une valeur comprise entre 0,92 g/L et 1,25 g/L est le signe d’un diabète gestationnel précoce.
Les risques d’un diabète gestationnel, facilement évitables avec un bon suivi
Rappelons que si le diabète gestationnel est diagnostiqué à temps et bien pris en charge et que vos glycémies sont bien équilibrées via une bonne hygiène de vie (activité physique régulière et suffisante, et alimentation saine et équilibrée), cela n’aura finalement aucune conséquence sur le bon déroulement de votre grossesse.
Le diabète gestationnel n’empêche donc pas de vivre sa grossesse le plus sereinement possible, et d’avoir un accouchement sans complications.
« Donc ne paniquez pas si vous avez un diabète gestationnel », rassure la sage-femme. « Certes, cela sera contraignant car il faudra mesurer vos glycémies six fois par jour avec des dextro (mesure de la glycémie, N.D.L.R.), à jeun avant chaque repas et 1 h 30 après chaque repas.
Dans certains cas, quand la future maman n’arrive pas à équilibrer ses glycémies avec une hygiène de vie adaptée, le médecin va prescrire des injections d’insuline », précise Rachel Halimi.
« Sachez également qu’une femme qui présente un diabète gestationnel a plus de risque sur le long terme de faire un diabète de type 2. Donc il s’agit vraiment d’adopter de bonnes habitudes de vie à garder toute votre vie de femme pour éviter de développer cette pathologie », prévient la sage-femme en conclusion.
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